La phrase que j'entends souvent lors de la première consultation
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Pourquoi certaines patientes me disent-elles « Je commence à ressembler à ma mère » ?
C'est une phrase que j'entends régulièrement comme motif de consultation : « Je commence à ressembler à ma mère et cela ne me plaît pas. »
Bien entendu, cela ne signifie pas que ces patientes n'aiment pas leur mère. Ce qu'elles expriment est différent : elles commencent à reconnaître sur leur propre visage certains signes du vieillissement qu'elles avaient jusqu'alors principalement observés chez elle.
Cette ressemblance peut alors devenir une manière très concrète de prendre conscience du temps qui passe.
Quels signes du vieillissement peuvent rappeler le visage de sa mère ?
Pendant des années, une patiente peut connaître parfaitement les traits de sa mère sans imaginer les retrouver un jour sur son propre visage.
Puis certains changements apparaissent progressivement :
- un sillon nasogénien qui devient plus marqué ;
- un pli d'amertume qui apparaît ;
- une bajoue qui commence à se dessiner ;
- un cou qui se relâche.
Un détail observé devant le miroir peut alors sembler étrangement familier.
Ce n'est parfois plus seulement un signe du vieillissement que la patiente observe. C'est un trait qu'elle associe immédiatement au visage vieillissant de sa mère.
Pourquoi cette ressemblance peut-elle être difficile à accepter ?
Nous savons tous que nous vieillissons. Pourtant, constater concrètement certains changements sur son propre visage peut être très différent de savoir, de manière abstraite, que le temps passe.
La ressemblance familiale peut renforcer cette prise de conscience.
Lorsque la patiente reconnaît un trait qu'elle avait l'habitude de voir chez sa mère, elle peut y voir une représentation de sa propre évolution. Cette ressemblance devient alors parfois une source d'inquiétude.
Elle peut aussi constituer le déclic qui l'amène à consulter pour la première fois.
Peut-on modifier la manière dont notre visage va vieillir ?
Je ne peux évidemment pas modifier notre génétique, et fort heureusement.
L'objectif de la médecine esthétique n'est pas d'effacer une ressemblance familiale ni de lutter contre tout ce qui constitue notre identité.
En revanche, selon les signes observés et les attentes de la patiente, il est parfois possible d'agir de manière ciblée sur certains signes du vieillissement.
La question devient alors moins « Comment ne plus ressembler à ma mère ? » que « Quels sont les changements de mon visage qui me gênent réellement ? »
Cette distinction est essentielle pour éviter de chercher à modifier un visage dans son ensemble alors que la demande concerne parfois quelques éléments très précis.
Pourquoi privilégier des traitements ciblés ?
Face au vieillissement du visage, mon approche consiste à identifier précisément ce qui gêne la patiente avant d'envisager une prise en charge.
Un sillon, une bajoue ou un relâchement du cou ne correspondent pas nécessairement à la même problématique et ne conduisent donc pas automatiquement au même traitement.
L'objectif est d'intervenir lorsque cela est pertinent, à des endroits précis et dans les limites du raisonnable.
Il ne s'agit pas de chercher à supprimer tous les signes du temps, ni de transformer les caractéristiques familiales du visage.
Vieillir comme sa mère ne signifie pas devenir sa mère
La génétique participe nécessairement à ce que nous sommes et aux caractéristiques de notre visage. Une ressemblance familiale n'est donc pas quelque chose que la médecine esthétique a vocation à effacer.
Mais lorsqu'un signe du vieillissement devient gênant, il peut être intéressant de comprendre précisément ce qui a changé et pourquoi la patiente le vit désormais différemment.
C'est tout l'intérêt de la première consultation : ne pas traiter une ressemblance, mais comprendre une gêne.
Car derrière la phrase « Je commence à ressembler à ma mère », la demande n'est généralement pas de devenir quelqu'un d'autre. Elle est souvent de continuer à se reconnaître malgré le temps qui passe.




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