Pourquoi consulte-t-on de plus en plus jeune en médecine esthétique ?
Date
2 Octobre
Thème
Actualités
Auteur
Dr Foumentèze

Pourquoi consulte-t-on de plus en plus jeune en médecine esthétique ?

Pourquoi consulte-t-on de plus en plus jeune en médecine esthétique ?

Qu'est-ce qui a le plus changé en médecine esthétique depuis 20 ans ?

Si je devais retenir une évolution particulièrement marquante dans mon métier au cours des 20 dernières années, ce serait l'âge des patients et, surtout, l'âge de la première consultation.

Autrefois, les patients venaient davantage me consulter vers 45 ou 55 ans, lorsque les signes du vieillissement du visage devenaient suffisamment visibles pour susciter une demande.

Aujourd'hui, je reçois également des patients beaucoup plus jeunes, parfois entre 20 et 35 ans. Mais leurs attentes ne sont pas les mêmes que celles de leurs parents.

Que recherchent les patients de 50 ou 60 ans ?

Lorsqu'une patiente de 50 ou 60 ans vient me consulter, sa demande n'est pas nécessairement de rajeunir à tout prix.

Elle souhaite souvent retrouver bonne mine, avoir l'air moins fatiguée ou retrouver des traits plus reposés.

La consultation part alors de changements qui se sont progressivement installés avec le temps et de ce que la patiente souhaite améliorer tout en conservant son identité.

Pourquoi les patients plus jeunes consultent-ils ?

Lorsque je reçois les filles de ces patientes, âgées par exemple de 20 à 35 ans, la demande peut être très différente.

Elles ne viennent généralement pas parce qu'elles souhaitent paraître plus jeunes : elles sont déjà jeunes.

Leur démarche consiste davantage à préserver leur apparence actuelle le plus longtemps possible. Elles peuvent s'intéresser à la qualité de leur peau, à leur visage ou à certains changements qu'elles souhaitent anticiper.

Nous sommes donc passés, chez une partie de cette nouvelle génération de patients, d'une logique principalement corrective à une démarche davantage tournée vers la préservation.

Pourquoi la médecine esthétique est-elle devenue accessible à des patients plus jeunes ?

Cette évolution est également liée aux possibilités de prise en charge.

Pendant longtemps, la chirurgie occupait une place majeure parmi les solutions disponibles pour répondre à certaines demandes esthétiques. Une intervention chirurgicale implique cependant des contraintes qui ne correspondent pas nécessairement aux attentes d'un patient jeune.

Le développement de la médecine esthétique a progressivement élargi les possibilités avec des actes non chirurgicaux et des prises en charge différentes.

Pour certains patients, la démarche peut ainsi sembler moins engageante qu'une intervention chirurgicale.

Cela ne signifie évidemment pas qu'un acte de médecine esthétique est anodin. Une indication médicale, une information adaptée et une réflexion sur les bénéfices et les risques restent indispensables.

Les réseaux sociaux ont-ils changé notre rapport à la médecine esthétique ?

La perception de la médecine esthétique a elle aussi beaucoup évolué.

Pendant longtemps, les traitements esthétiques étaient relativement peu évoqués publiquement. Les réseaux sociaux ont contribué à rendre le sujet beaucoup plus visible.

Les patients sont aujourd'hui exposés à une quantité considérable de contenus sur les traitements, les résultats et l'apparence physique.

Cette visibilité peut contribuer à banaliser la consultation esthétique, notamment auprès des générations les plus jeunes.

Elle nécessite également de conserver un regard critique : voir régulièrement des traitements sur les réseaux sociaux ne signifie pas qu'ils soient nécessaires ni adaptés à chaque personne.

Consulter plus jeune signifie-t-il qu'il faut commencer plus tôt ?

Non. Le fait que je reçoive aujourd'hui des patients plus jeunes ne signifie pas qu'il existe un âge auquel il faudrait commencer la médecine esthétique.

L'âge ne constitue pas, à lui seul, une indication de traitement.

Une consultation doit partir d'une demande individuelle et permettre de déterminer si celle-ci justifie réellement une prise en charge.

Chez une personne jeune comme chez une personne plus âgée, savoir ne pas traiter lorsque cela n'est pas nécessaire fait également partie de notre rôle de médecin.

Des attentes différentes selon les générations

En 20 ans, je n'ai donc pas seulement vu évoluer les techniques disponibles. J'ai surtout vu évoluer les patients et leur manière d'envisager la médecine esthétique.

À 50 ou 60 ans, la demande porte souvent sur des signes du vieillissement déjà installés et sur l'envie de retrouver une apparence plus reposée.

Chez certains patients de 20 à 35 ans, la démarche peut être différente : ils souhaitent davantage préserver leur apparence actuelle que chercher à rajeunir.

Cette évolution des attentes change nécessairement notre manière de consulter. Mais quel que soit l'âge du patient, la question reste la même : existe-t-il réellement une indication à intervenir, et quelle réponse est la plus adaptée à cette personne ?

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Pourquoi consulte-t-on de plus en plus jeune en médecine esthétique ?